Chirac renvoyé en correctionnelle, oui, c'est normal. Parce qu'immunité ne doit pas signifier impunité. Sarkozy qui en profite pour rappeler au bon peuple que "la justice est indépendante en France"... NON. C'est de la manipulation. Insupportable. Parce que cet homme-là n'a cessé, depuis qu'il en a le pouvoir, c'est-à-dire depuis son premier mandat de ministre de l'Intérieur, de mettre à mal l'indépendance de la justice.
Il ne faut surtout pas oublier comment Nicolas Sarkozy ministre de l'Intérieur a bafoué cette indépendance de la justice... et la présomption d'innocence d' Yvan Colonna. Avant de réitérer en tant que président de la République, faisant de Dominique de Villepin un "coupable" alorsqu'il n'était que prévenu dans le procès clearstream. Des excuses présidentielles ont suivi : le mal était fait et le message passé à des millions de Français pendus au lèvres présidentielles entre la soupe et le fromage, au rythme des questions conniventes de la paire Ferrari-Pujadas.
Yvan Colonna, tout comme Dominique de Villepin d'ailleurs, a assigné Nicolas Sarkozy en justice pour non respect de sa présomption d'innocence. Résultat : le tribunal de grande instance de Paris a estimé qu'il ne pouvait se prononcer sur la procédure intentée par le Corse à l'encontre de Nicolas Sarkozy tant que ce dernier est président de la République. La 1ère chambre civile du TGI, suivant l'avis du parquet (tiens donc) a ordonné un "sursis à statuer jusqu'à l'expiration du délai d'un mois après la cessation de fonctions" de l'actuel chef de l'Etat. Cela repousse à 2012 voire 2017 toute éventuelle réparation du préjudice invoqué par le plaignant.
Entre 21 emplois fictifs à la mairie de Paris en 95 et une condamnation à perpet orchestrée par l'Elysée, c'est quoi, le plus grave ?
J'ai mon avis. Et une autre question me taraude. Que serait-il advenu de l'affaire des emplois fictifs à la mairie de Paris si le juge d'instruction, dont la disparition est programmée pour les mois qui viennent par le même Sarkozy qui salue aujourd'hui sournoisement l'indépendance de la justice, n'existait plus ? Si Xavière Simeoni, en son âme et conscience, n'était pas allée contre l'avis du parquet ? Un non lieu. Circulez, y'a rien à voir. C'est ce que le parquet avait requis. C'est également ce qu'il avait requis pour l'homme d'affaires Jean-Marie Messier. Le juge d'instruction a, lui, renvoyé l'ex lutin de Vivendi sur la sellette correctionnelle.
Demain, quand les juges d'instruction seront passés à la trappe, comme Sarkozy veut l'imposer, c'est, en l'état actuel du projet de réforme, au parquet, placé sous l'autorité de la Chancellerie, et donc dépendant de l'exécutif, qu'incombera la décison finale. L'actualité judiciaire récente, au-delà des décisions rendues, aura ainsi permis aux juges d'instruction de faire un joli pied de nez au président de la République, qui n'a de cesse de les mettre au pli. Xavière Simeoni, la magistrate qui a dit non, devient le symbole naturel d'une justice qui refuse la vison autoritaire du chef de l'Etat. Lequel fait semblant d'apprécier, et ce qui est très drôle, c'est qu'il n'a pas le choix.
En marge de ce bras de fer, les juges d'instruction, dont l'impopularité avait jusque-là servi les desseins du pensionnaire de l'Elysée, viennent de faire la démonstration de l'importance de leur rôle. Et ça marche : un sondage CSA montre que 71 % des Français font confiance aux juges d'instruction. 55% d'entre eux estiment que leur suppression "est une mauvaise chose car la loi va entraîner un contrôle du pouvoir politique sur les enquêtes les plus sensibles".
On peut penser que les 45 % restant n'ont pas encore mesuré les enjeux sous-tendus par le gommage du juge d'instruction dans le système judiciaire. Ça viendra sûrement, encore un petit effort, m'sieurs-dames. La relaxe de Villepin ? Ce serait la cerise sur le Galouzeau !









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